La pandémie n’a pas seulement changé notre lieu de travail. Elle a fondamentalement modifié les attentes que les employés nourrissent à l’égard de leurs employeurs. Pour faire suite à l’instauration du télétravail, des problèmes de santé mentale et des pressions économiques, les démarches de syndicalisation se sont considérablement accentuées partout au Canada, même dans les secteurs qui étaient auparavant considérés comme « immunisés ». Les employeurs doivent impérativement comprendre cette nouvelle dynamique pour protéger leur culture d’entreprise et maintenir la stabilité de leurs activités.

Le présent article traite des principaux facteurs qui influencent cette tendance et fournit aux employeurs des conseils pratiques qui les aideront à gérer cette question.

Quelles sont les raisons qui expliquent la montée de la syndicalisation

La pandémie a agi comme un catalyseur : elle a exposé et amplifié les problèmes liés au milieu de travail. Après les licenciements collectifs, l’épuisement professionnel et les turbulences provoquées par le télétravail et le retour au bureau, les employés souhaitent bénéficier de plus de sécurité et d’équité, et avoir leur mot à dire dans la prise de décision. Ci-après les principaux facteurs sous-jacents à ce changement :

  • Insécurité économique : L’inflation et la stagnation des salaires incitent les employés à considérer la négociation collective comme un moyen de protéger leur pouvoir d’achat.
  • Préoccupations constantes en matière de santé et de sécurité : Les travailleurs de première ligne accordent maintenant plus d’importance aux protocoles précis et à la sécurité de leur environnement de travail.
  • Fractures culturelles : Les politiques de vaccination et l’obligation de retour au bureau ont, dans certains cas, provoqué des divisions qui ont eu pour effet de miner la confiance des employés envers les dirigeants.
  • Tension du marché du travail : La pénurie de main-d’œuvre qui s’est fait sentir après la pandémie a donné plus de poids aux employés, qui ont perçu la syndicalisation comme une démarche plus viable et plus susceptible de se concrétiser.
  • Guide pratique des campagnes de syndicalisation numériques : Grâce aux médias sociaux et aux outils en ligne, l’organisation de campagnes de syndicalisation est devenue plus facile, plus rapide, plus discrète et plus difficile à détecter pour les employeurs.

Le visage de cette nouvelle ère de syndicalisation

L’activité syndicale n’est plus l’apanage des secteurs où elle se concentrait traditionnellement. Les employeurs de tous les secteurs devraient demeurer à l’affût. L’activité syndicale a pris de l’ampleur dans les secteurs suivants :

  • Vente au détail, tourisme d’accueil et restauration : Les employés de ce secteur réclament des horaires prévisibles, un salaire minimum équitable et un traitement respectueux.
  • Technologie, médias numériques et jeux vidéo et effets : Situation inédite : les cols blancs de ce secteur, aux prises avec des délais serrés, une surcharge de travail et des restructurations engendrées par l’IA, se tournent vers les syndicats.
  • Soins de santé et éducation : Le personnel épuisé par les pénuries chroniques de main-d’œuvre cherche à renforcer sa position pour négocier de meilleures conditions.
  • Transports et logistique : Les normes de sécurité et les conditions de travail demeurent au cœur des campagnes de syndicalisation menées dans ce secteur.

Stratégies proactives à l’intention des employeurs

Pour la direction, la meilleure défense contre une campagne de syndicalisation consiste à manifester proactivement et sincèrement sa volonté de promouvoir l’engagement et l’équité des employés. Voici quelques moyens de cultiver un environnement dans lequel les employés se sentent appréciés et écoutés :

Favoriser une communication transparente et continue

    Le silence est le pire ennemi qui soit. Luttez contre les rumeurs et l’incertitude en :

    • communiquant régulièrement de l’information provenant de la direction au sujet de l’entreprise, notamment ses réussites et ses difficultés;
    • tenant des réunions en petits groupes ou en effectuant des sondages anonymes pour prendre le pouls de toutes les équipes de l’entreprise; et
    • en pratiquant l’écoute active. De nombreux problèmes dégénèrent simplement parce que les employés ont l’impression de ne pas être écoutés.

    Révisez vos politiques et avantages sociaux

    Les politiques dépassées ou avantages non concurrentiels sont souvent propices à l’insatisfaction.

    • Rémunération et avantages sociaux : Comparez périodiquement vos salaires et avantages sociaux avec ceux de vos concurrents. Repérez les écarts et comblez-les dans la mesure du possible. Informez vos employés de cette démarche et indiquez-leur comment votre entreprise se compare avec les autres.
    • Politique de télétravail : Fixez des attentes claires et uniformes afin de prévenir les perceptions de favoritisme.
    • La constance est la clé : Appliquez les politiques relatives aux horaires, à la charge de travail, aux vacances et aux congés de façon équitable et sans favoritisme.

    Investissez dans les gestionnaires de première ligne

    Les superviseurs et gestionnaires constituent la première ligne de défense. Leurs actions peuvent calmer ou envenimer une situation.

    • Formez vos superviseurs et gestionnaires de façon qu’ils puissent détecter les signes précurseurs d’une insatisfaction et y réagir avec empathie et professionnalisme.
    • Assurez-vous qu’ils comprennent leurs droits et obligations en vertu des codes du travail applicables.

    Prévoyez et planifiez – n’attendez pas qu’une campagne de syndicalisation s’organise

    Comme nous le mentionnons à nos clients, il est essentiel d’élaborer un plan bien avant qu’une campagne de syndicalisation ne commence à s’organiser.

    • Élaborez un plan d’intervention précis en cas d’activité syndicale et fournissez à la direction la formation nécessaire pour reconnaître les premiers signes d’une campagne de syndicalisation.
    • Procédez à une vérification proactive de vos politiques de travail et de votre culture d’entreprise.
    • Consultez un avocat spécialisé en droit du travail et droit de l’emploi qui pourra évaluer objectivement votre degré de préparation.
    • Envisagez d’offrir une formation sur la prévention de la syndicalisation aux gestionnaires de première ligne.

    L’engagement proactif favorise la résilience des lieux de travail

    Le taux de syndicalisation augmente rapidement au Canada. La réponse à ce phénomène, pour les employeurs, passe par un engagement proactif plutôt que par une défense réactive. En privilégiant une communication ouverte, des politiques équitables et un leadership solide, vous pouvez instaurer un lieu de travail résilient propice à attirer et à fidéliser les talents et à les détourner des syndicats.

    Si vous souhaitez discuter des mesures que peut prendre votre organisation pour adapter ses politiques de travail et la formation offerte à ses gestionnaires en fonction de la réalité actuelle, communiquez avec notre groupe Droit du travail et droit de l’emploi.